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Le 5 novembre 2019

6 mythes sur la rareté de main-d’œuvre au Québec

La rareté de main-d’œuvre au Québec est un sujet qui enflamme et polarise l'opinion publique. Tous y vont de leur interprétation, et ce, souvent avec émotion. Mais qu’en est-il vraiment? Coup d’œil sur cet enjeu de société!

 

Photo d'un soudeur au travail

 

1. Il n’y a pas de rareté de main-d’œuvre

D’après les données cumulées par Statistique Canada Ouvre une nouvelle fenêtre, septembre 2019 affiche une augmentation de 6,4% de postes vacants par rapport à la même période en 2018, pour un total de 581 600 postes vacants au pays.

 

Le Québec est à l'origine de près de 70 % de l'augmentation à l'échelle nationale. Avec un taux de postes vacants de 3,8% Ouvre une nouvelle fenêtre, soit près de 120 000 postes vacants, la province se classe 4e derrière le Nunavut (4,3%), la Colombie-Britannique (4,5%) et le Yukon (6,5%).

 

D’après un sondage de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), 81% des PME déclarent avoir de la difficulté à recruter des employés. Et ce sont les entreprises de moins de 50 employés qui sont les plus affectées.

 

2. La surconsommation est la cause principale de la rareté de main-d’œuvre

Les causes de la rareté de main-d’œuvre sont nombreuses, mais les facteurs principaux sont la reprise économique et le vieillissement de la population. En 2029, près du quart de la population sera âgée de plus de 65 ans.

 

Malgré l’annonce d’un certain ralentissement économique, la situation n’est pas près de se résorber et les entrepreneurs du Québec devront faire preuve d’une grande créativité pour pouvoir poursuivre leurs activités.

 

6 faits intéressants sur le vieillissement de la population:

 

3. La rareté de main-d’œuvre s’attaque uniquement aux emplois mal rémunérés

Avec un salaire moyen de près de 19,85$ Ouvre une nouvelle fenêtre, le Québec surpasse cinq des 13 provinces et territoires, le plus bas salaire moyen étant de 15,15$ (Île-du-Prince-Édouard) et le plus élevé de 31,55$ (Nunavut).

 

 Profession  Postes vacants  Salaire moyen

 

Personnel de soutien en service et autre personnel de service

 

13 560

 

13,90$

 

Représentants/représentantes de services et autre personnel de services à la clientèle et personnalisés

 

 

10 045

 

 

14,65$

 

Représentants/représentantes des ventes et vendeurs/vendeuses - commerce de gros et de détail

 

 

7 255

 

 

14,85$

 

Personnel professionnel des sciences naturelles et appliquées

 

 

7120

 

 

33,55$

 

Personnel des métiers de l'électricité, de la construction et des industries

 

 

6 670

 

 

23,25$

 

 

Source: Statistique Canada, Enquête sur les postes vacants et les salaires

4. La rareté de main-d’œuvre affecte seulement le secteur manufacturier

Il est vrai que la rareté de main-d’œuvre affecte significativement le secteur de la fabrication avec ses 16 465 postes vacants, mais plusieurs autres secteurs le sont également :

 

  • Soins de santé et assistance sociale (15 445)
  • Services d’hébergement et de restauration (10 630)
  • Commerce de détail (10 490) et services professionnels
  • Secteurs scientifiques et techniques (10 165)

5. La majorité des postes vacants n’exigent aucune scolarité

D’après une étude menée par Desjardins en 2018, si près du tiers des postes disponibles au Québec n’exigent aucune scolarité, seulement 15% d'entre eux exigent un diplôme universitaire. En conclusion, 50% des postes vacants exigent peu de scolarité ou d’expérience.

 

Graphique sur la scolarité exigée pour les postes disponibles au Québec

 

6. Les immigrants représentent la seule solution à la rareté de main-d’œuvre

Un rapport du Conseil consultatif recommandait au Canada en 2016 d’accueillir 450 000 immigrants par année à compter de 2021 pour remédier au déclin de la population active. Le gouvernement a cependant opté pour un seuil inférieur, l'immigration n’étant pas la seule solution.

 

Voici les mesures qu’il a préconisées jusqu’à présent:

 

  • Faciliter la formation de la main-d’œuvre
  • Encourager les personnes âgées à travailler plus longtemps
  • Mieux arrimer l’immigration aux besoins des entreprises
  • Repenser le programme des travailleurs temporaires étrangers
  • Créer la prestation à la formation de l’assurance-emploi

 

Quelles sont les autres solutions envisagées?

 

  • Mieux arrimer l’éducation aux besoins du marché du travail
  • Valoriser la formation duale (formation alternée en entreprise et dans un établissement d’enseignement)
  • Instaurer l’Allocation canadienne pour la formation
  • Attirer davantage d’immigrants en région

 

Voici les solutions que les entreprises peuvent dès maintenant mettre en place:

 

  • Investir dans la transformation numérique, l’automatisation et/ou la robotique
  • Moderniser les équipements
  • Proposer aux étudiants des stages et des visites en entreprise
  • Recruter à l’international
  • Diversifier son personnel (jeunes Ouvre une nouvelle fenêtre, femmes, retraités, immigrants, autochtones, personnes handicapées Ouvre une nouvelle fenêtre…)
  • Encourager le maintien en emploi des travailleurs âgés Ouvre une nouvelle fenêtre
  • Mieux retenir le personnel en place (améliorer les conditions, bonifier les vacances…)
  • Offrir une formation continue et ciblée aux employés
  • Oser de nouvelles stratégies de recrutement (portes ouvertes, entrevues instantanées des candidats…)
  • Prévoir un plan d’intégration qui favorise le développement d’un sentiment d’appartenance
  • Décloisonner le travail en partageant les employés entre entreprises
  • S’informer sur les diverses mesures et subventions gouvernementales

 

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Isabelle Fontaine

Directrice principale, Affaires publiques et gouvernementales, Montréal

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