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Le 28 août 2019

Mission relève 3.0 : entrevue avec Guy Laganière, président du Groupe C. Laganière

Lorsqu’il choisit de se tailler une place dans l’entreprise familiale à la fin de ses études à HEC Montréal, Guy Laganière, comme la plupart des repreneurs, voit grand et loin. Si la loi sur la qualité de l’environnement existe depuis 1972, quand il propose ce virage au début des années 80, l’entreprise est l’une des premières à mettre ces principes en application.

 

Photo d'une partie de l'équipe du Groupe C. Laganière

 

Fondée par Clément Laganière et Henriette Langlois en 1962, la TPE, qui œuvrait principalement dans les services d’excavation et de terrassement de bâtiments résidentiels, se spécialise maintenant en réhabilitation des sites contaminés, en travaux de génie civil et en réalisation d’évaluations environnementales.

 

Aujourd’hui, la PME, Groupe C. Laganière, s’enorgueillit de compter plus de 180 employés et de desservir l’ensemble du Québec. Qui sait, la nouvelle génération de Laganière mènera peut-être l’entreprise encore plus loin.

Le goût d’entreprendre

 

Tout comme ses parents, la troisième génération a besogné dès son plus jeune âge pour Groupe C. Laganière. De la peinture de barreaux d’escalier au déneigement, en passant par le nettoyage de planchers, cette génération, communément appelée « les 3.0 », n’a pas fait son entrée au sein de l’entreprise à un poste de direction. D’ailleurs, ils ont pour la plupart acquis de l’expérience à l’extérieur de l’entreprise. « On a la chance d’avoir six enfants intéressés à prendre la relève de la compagnie. Maintenant, c’est de trouver la façon de développer et de maximiser leurs talents à la hauteur de leurs capacités », explique M. Laganière.

Les diplômés en ingénierie, en affaires, en commerce international et en comptabilité sont retournés à l’entreprise en posant un regard frais sur les différents systèmes et façons d’opérer. « C’est bien beau avoir de l’instruction, mais, il faut aussi de la motivation, du cœur au ventre, et cela, ils en ont tous! », déclare fièrement M. Laganière. « Quand tu grandis en entendant parler de l’entreprise tous les jours, je pense que ça développe aussi le goût d’entreprendre ».

 

Quand Guy, sa sœur Guylaine et son frère Denis s’investissent corps et âme dans l’entreprise de leurs parents, ils sont jeunes, visent le développement des affaires et ne ressentent aucunement l’urgence de plancher sur un plan de relève. Mais depuis presque cinq ans, les trois associés voient l’avenir autrement. Il est temps pour eux de passer le flambeau, mais comment bien le faire?

 

Un accompagnement neutre

 

C’est en mars 2017 que le Groupe C. Laganière annonce l’arrivée d’investisseurs institutionnels, Investissement Québec (IQ) et Fondaction, qui permettent à la famille de demeurer actionnaire majoritaire et d’avoir le fonds de roulement nécessaire pour assurer le transfert de l’entreprise aux 3.0.

 

Guy, Guylaine et Denis ont alors déjà entamé des démarches auprès de firmes de consultation externes spécialisées en transfert d’entreprise, car ils sentent le besoin d’être guidés et accompagnés pour franchir les prochaines étapes. « Pour nous, c’est très émotif… Naturellement, on est en conflit d’intérêts. Ce sont nos propres enfants », reconnaît M. Laganière.

 

Depuis, l’entreprise a notamment créé un comité de continuité et la gouvernance en place veille à ce que les repreneurs fassent bien leurs devoirs. « On les a fait travailler sur la mission, la vision, les valeurs et sur la planification stratégique aussi. C’est impressionnant et tellement motivant de voir les idées nouvelles qu’ils génèrent, et passionnant de constater les consensus qu’ils établissent. Ils relèvent déjà de beaux défis et c’est très prometteur pour l’avenir », clame M. Laganière.

 

La firme spécialisée en transfert travaille de pair avec le CA, maintenant bonifié de quatre administrateurs externes, pour assurer le succès de cette passation. « Avec des consultants, le CA sent que la direction tient vraiment à la pérennité de l’entreprise. C’est rassurant pour les membres du CA, pour les actionnaires et aussi pour la relève. Comme elle est mieux encadrée, l’entreprise, selon moi, en ressortira nettement gagnante », précise M. Laganière. D’ailleurs, l’expérience en transfert d’entreprise et en relations humaines figurait en tête des compétences recherchées lors de la sélection des nouveaux administrateurs.

 

Enfin, à la question, quels conseils donneriez-vous à un CA qui accompagne une entreprise dans sa relève, M. Laganière répond que si le suivi du processus de transfert est essentiel, la compréhension de la dynamique familiale est tout aussi importante.

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Isabelle Fontaine

Directrice principale, Affaires publiques et gouvernementales, Montréal

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