Étude de cas Automatisation

Intersand: automatiser pour croître

Au fil de son parcours, l’entreprise Intersand a été confrontée à plusieurs obstacles: cadence trop faible, concurrence agressive, perte de productivité. Chaque fois, l’automatisation a été la solution pour faire face à ces enjeux. Et chaque fois, l’entreprise a fait un pas de plus vers la croissance.

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Vue d’ensemble d’une installation industrielle automatisée avec convoyeurs, postes d’emballage, équipements de manutention et sacs de produits, dans un entrepôt portant le logo Intersand sur le mur.

L’enjeu

Au fil de son parcours, l’entreprise Intersand a été confrontée à plusieurs obstacles: cadence trop faible, concurrence agressive, perte de productivité. Chaque fois, l’automatisation a été la solution pour faire face à ces enjeux. Et chaque fois, l’entreprise a fait un pas de plus vers la croissance.


L’histoire

Fermer l’entreprise ou la sauver par l’automatisation? Stéphane Chevigny, président d’Intersand, s’est posé cette question en 1996-1997 alors qu’il perdait énormément de parts de marché aux mains de la concurrence. Il a finalement décidé d’investir massivement dans l’automatisation de sa chaîne de production. Aujourd’hui, l’organisation est le deuxième plus grand manufacturier de litière pour chat à base d’argile en Amérique du Nord.

Connue pour ses marques OdourLock, Qualicat et OdourBuster, Intersand est créée à la suite d’un projet universitaire de Stéphane Chevigny en 1992. Stéphane emprunte alors une voiture à grain d’un voisin cultivateur de Verchère, dans laquelle il dispose la litière pour faciliter la mise en sac. À la main, il actionne la trappe à grain pour laisser s’écouler la bonne quantité de litière dans chaque sac, une tâche qui se révèle pénible et peu efficace.

Le besoin d’optimiser son processus s’impose. Grâce à un prêt de 85 000$ que ses parents lui concèdent, il fait l’achat de deux silos à grains usagés, d’un petit élévateur et d’une balance : l’élévateur remplit d’abord mécaniquement le silo de litière, puis, par gravité, cette dernière est versée dans les sacs. La balance permet d’assurer une quantité équivalente d’un sac à l’autre.

«C’était de l’automatisation à très bas niveau, mais qui a permis un gros gain en efficacité, raconte-t-il. Au lieu de prendre une journée pour faire quelques palettes de litière, nous pouvions remplir un camion par jour. Le retour sur investissement s’est fait en moins d’un an.»

Il faut savoir qu’à l’époque, Intersand arrivait avec un produit innovant au Canada: la litière agglomérante, donc les affaires allaient bien.

Encaisser le choc de la concurrence

Mais, comme c’est souvent le cas en affaires, la concurrence est arrivée. Et elle était agressive. Pour une litière avec des performances semblables, un producteur de Toronto affichait des prix beaucoup plus bas. Si bien que vers 1996, la compagnie québécoise perdait du terrain alors que ses compétiteurs remplaçaient ses produits sur les tablettes.

  • «C’est là que nous avons eu le choc. J’ai eu une grande décision à prendre: ou j’arrête, ou je continue.»

    Stéphane Chevigny

    Président d’Intersand

    Après avoir regardé ce que faisaient ses compétiteurs, il décide d’investir de façon massive pour dégager de meilleures marges. Il achète une bâtisse avec un accès direct au chemin de fer parce que sa matière première arrive par train. Il pouvait ainsi éviter les coûts du transbordement par camion. Puis, en 1999, l’entreprise a été l’une des premières au Québec à se lancer dans l’automatisation d’envergure en lançant un projet de plus de 1 M de dollars.

    Prévoir son retour sur l’investissement

    Stéphane Chevigny est convaincu que lorsqu’on se lance dans un projet d’investissement, il faut se faire un plan stratégique avec des objectifs précis à atteindre. Par exemple, en fixant le coût total des heures travaillées par unités produites et en mettant tout en œuvre pour l’atteindre.

    «En automatisation, c’est assez facile d’évaluer les gains de productivité à partir des données des fournisseurs d’équipements, explique-t-il. Je conseille tout de même de se donner une marge de manœuvre de 15 ou 20 % parce qu’au démarrage, il y a toujours une période de rodage et la production n’est jamais optimale le jour 1. Il arrive aussi quelques fois que les performances annoncées ne soient pas tout à fait atteignables.»

    Et il est toujours possible que le retour sur investissement prenne finalement plus de temps que prévu. «Pour Intersand, qui est une entreprise privée à propriétaire unique, ce n’est pas la fin du monde, affirme l’entrepreneur. Je regarde mes projets à long terme, souvent en me demandant comment cela va nous aider à être meilleurs dans 10 ans!»

    De plus, il y a un coût à ne pas faire son projet. Si Intersand n’avait pas plongé en 1999 avec le gros investissement en automatisation, «on ne serait plus là», affirme celui qui a maintenant trois usines au Québec, une en Ontario et une aux États-Unis et qui exporte dans plus de 60 pays.

    Mettre ses robots à la retraite

    Après 23 ans à réaliser trois quarts de travail par jour, les robots d’Intersand ont été mis à la retraite. «Nous aurions pu les garder plus longtemps, mais les coûts d’entretien augmentaient et les technologies avaient évolué, explique Stéphane Chevigny. Nous n’avions plus la fiabilité et les gains en productivité souhaités.»

    Intersand a donc décidé d’investir dans de nouveaux équipements à la fine pointe de l’innovation 4.0 au début 2024. Résultat? «Nous avons surperformé par rapport aux données du manufacturier et la ligne de production était tellement productive que les employés dans l’usine avaient l’impression qu’ils manquaient d’ouvrage», dit-il en riant.

    Il aurait pu attendre avant d’installer de nouveaux robots. «Mais il faut toujours se dire que si on hésite à aller de l’avant, la concurrence n’hésitera peut-être pas, précise-t-il. Même dans les temps incertains, les entreprises doivent se demander comment s’améliorer et investir.»

    Stéphane Chevigny est d’avis que les entreprises doivent lancer des projets mobilisateurs et structurants. «Ces initiatives ont un effet dynamisant sur le personnel et permettent de mieux se positionner par rapport à la concurrence, explique-t-il. Il ne faut pas juste penser aux dollars, mais aux effets positifs générés auprès de nos employés par ces projets, mais aussi auprès de notre clientèle qui est toujours contente de voir qu’on investit pour elle.»

    Grande installation industrielle avec des convoyeurs automatisés, des palettes de produits emballés, des chariots élévateurs en circulation et des rangées d’étagères de stockage dans un vaste entrepôt.Zone industrielle intérieure avec un bras robotisé jaune, des équipements de manutention, des convoyeurs et divers outils au sol dans un espace en cours d’aménagement.

    La ligne du temps

    • 1992

      Fondation d’Intersand à Varennes et investissement de 85 000$ dans une automatisation à bas niveau.

    • 1996

      L’entreprise souffre grandement de la concurrence qui est arrivée avec un produit semblable à coût moindre.

    • 1999

      Investissement d’un million de dollars en automatisation de la production dans l’usine de Boucherville.

    • 2024

      Remplacement de la ligne de production automatisée de l’usine de Boucherville

    Faits saillants

    Gains chiffrés

    • 24 à 30 mois seulement pour obtenir un retour sur investissement après  le projet d’un million de dollars en automatisation de 1999
    • 400% d’augmentation de la capacité de production en 2000
    • 30% de gains sur nos coûts de fabrication grâce à l’automatisation après l’investissement de 1999
    • Surperformance de la ligne de production installée à Boucherville par rapport aux données du manufacturier de l’équipement installé en 2024, ce qui est venu ajouter plus de 20% de capacité additionnelle non prévue - dans cette usine.
       

    Gains non chiffrés

    • Amélioration des conditions de travail des employés et réduction des blessures et des accidents de travail en lien notamment avec les mouvements répétitifs effectués par le personnel de production
    • Augmentation de la qualité du produit pour renforcer sa présence sur les marchés locaux et percer à l’international
    • Hausse de la capacité de production pour saisir plus d’occasions d’affaires
    • Plus de temps pour l’entretien préventif grâce à la surperformance de la nouvelle ligne de production installée en 2024 à Boucherville.