Nouvelle Investissement

Revue et perspectives macroéconomiques du 2e trimestre de 2026

Découvrez les tendances économiques qui influencent l'investissement au Québec.

Nos économistes signent une note économique intégrée à chaque édition du rapport trimestriel de Réseau Capital et de la Canadian Venture Capital & Private Equity Association (CVCA). Cette analyse met en lumière les principales tendances économiques qui influencent l’investissement au Québec.

Publiée le 5 août 2026, cette note marque la deuxième édition de cette collaboration.

Consultez les rapports trimestriels complets pour le capital de risque et pour le capital de développement 

Une activité qui progresse, malgré des signaux contrastés

À mi-parcours en 2026, l’économie québécoise présente un bilan partagé. La production continue d’avancer et le secteur manufacturier affiche une bonne tenue, alors que le marché du travail a perdu un peu de terrain. Les entreprises maintiennent par ailleurs leurs intentions d’investissement, mais demeurent prudentes devant l’évolution du contexte commercial et géopolitique.

Le PIB réel du Québec a augmenté de 0,3 % au premier trimestre, après un recul de 0,1 % au trimestre précédent. Cette hausse correspond à une croissance annualisée de 1,3 %. Les données d’avril indiquent que l’activité a poursuivi sa progression, avec une augmentation de 0,1 % du PIB par industrie.

Le secteur manufacturier figure parmi les principaux points d’appui. Son PIB a crû de 0,3 % en avril. De janvier à mai, la moyenne des ventes de biens fabriqués a atteint 231,9 G$, soit 5,2 % de plus que pendant la même période en 2025. Ces résultats témoignent d’un niveau d’activité soutenu, même si leur évolution pourrait varier selon les industries et leur exposition aux marchés extérieurs.

Le marché du travail envoie toutefois un signal moins favorable. Au premier semestre, le Québec comptait en moyenne 4 613 700 emplois, une diminution de 33 300 par rapport au deuxième semestre de 2025. Le taux de chômage moyen s’est établi à 5,6 %, en légère hausse. Autrement dit, la progression de la production ne s’est pas encore traduite par une amélioration de l’emploi. 

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Image d'une tablette électronique avec différents graphiques à l'écran

Les intentions d’investissement des entreprises ont peu changé au deuxième trimestre mais demeurent élevées. La demande intérieure continue d’appuyer plusieurs projets, tandis que les investissements destinés à accroître la productivité restent plus fréquents qu’au cours des dernières années. La modernisation des équipements, l’automatisation et l’intégration de l’intelligence artificielle font notamment partie des priorités.

Cette volonté d’investir coexiste néanmoins avec une plus grande sélectivité. Certaines entreprises revoient le calendrier, l’ampleur ou les conditions de réalisation de leurs projets. Pour les investisseurs, la qualité des actifs, la capacité d’exécution et les gains de productivité attendus prennent davantage d’importance dans l’évaluation des occasions.

Le climat d’affaires s’est amélioré au début de juillet. Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, l’indice d’optimisme à long terme des PME canadiennes a atteint 58,3 points, en hausse de huit points par rapport à juin. Le Québec comptait parmi les provinces ayant enregistré les progressions les plus marquées. Cette lecture précédait toutefois les annonces tarifaires américaines les plus récentes.

La deuxième moitié de l’année restera donc tributaire de facteurs externes. Les tensions au Moyen-Orient pourraient entraîner de nouvelles pressions sur les prix de l’énergie et certaines chaînes d’approvisionnement. Du côté des États-Unis, les effets économiques des menaces tarifaires dépendront surtout des mesures effectivement appliquées, des produits visés et des exemptions qui pourraient être accordées.

Dans l’ensemble, les données disponibles ne suggèrent ni accélération marquée ni recul généralisé de l’économie québécoise. Elles décrivent plutôt une expansion modeste, soutenue notamment par le secteur manufacturier et les investissements en productivité, mais accompagnée d’un marché du travail plus faible et d’un niveau d’incertitude qui continue d’influencer les décisions d’affaires.

Clin d'œil thématique

Emploi en logiciel : une reprise portée par l’IA et les profils expérimentés

Lors du premier trimestre, nous constations que l’emploi lié au développement logiciel au Québec s’était normalisé après la forte expansion de 2020 à 2022. Malgré ce ralentissement, les besoins structurels associés à l’automatisation, à la cybersécurité et à la valorisation des données demeuraient bien présents.  

De nouvelles données publiées par le Indeed Hiring Lab démontrent maintenant un changement de tendance aux États-Unis. Depuis la fin de février 2025, les offres d’emploi en développement logiciel publiées sur Indeed ont augmenté de plus de 19 %, tandis que l’ensemble des offres reculait de 6 %. Ce redressement doit toutefois être remis en perspective : en juillet 2026, les offres dans le secteur demeuraient environ 25 % sous leur niveau de février 2020. Notre analyse des données canadiennes présente une dynamique similaire, quoique moins marquée, soit une progression des offres d’emploi en logiciel de 6,5 %, contre une diminution de l’ensemble des offres de 3 % sur la même période. 

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Graphique montrant les offres d'emplois en développement logiciel

La composition de cette reprise est tout aussi révélatrice. Entre mai 2025 et mai 2026, les postes de niveau supérieur ont représenté 71 % de l’augmentation des offres en développement logiciel aux États-Unis. Les emplois mentionnant l’intelligence artificielle dans leur titre en ont représenté 37 %. Le rebond semble donc surtout profiter aux profils expérimentés et spécialisés, plutôt que traduire une reprise généralisée des embauches dans le secteur.  

Ces résultats américains ne peuvent pas être transposés directement au marché québécois. Ils suggèrent néanmoins que la demande de talents en logiciel pourrait évoluer vers une nouvelle phase : moins axée sur la croissance rapide des effectifs et davantage sur la capacité d’intégrer l’IA aux produits, aux processus et aux modèles d’affaires.

Sources

  • Institut de la statistique du Québec – Comptes économiques, PIB par industrie, Ventes de biens fabriqués, Résultats de l’Enquête sur la population active.
  • Banque du Canada – Enquête sur les perspectives des entreprises.
  • FCEI – Baromètre des affaires.
  • Indeed Hiring Lab, « AI and Job Postings: From Destruction to Creation? », 8 juillet 2026 ; Indeed, Job Postings Index data, GitHub, 24 juillet 2026.